Bretons dans la Cité

Autour de Rerum Novarum

L’Encyclique Rerum Novarum (Des Choses Nouvelles) a été publiée le 15 Mai 1891 par le Pape Léon XIII pour répondre à la question, depuis le début du XIX°Siècle, de la misère et de la pauvreté croissante de la classe ouvrière, en s’appuyant notamment sur les travaux des premiers chrétiens sociaux comme Mgr Ketteler, l’Abbé Maurice Maignen ou encore Albert de Mun et René de la Tour du Pin.

Pour comprendre l’origine de cette Encyclique et sa nécessité, il faut replacer le contexte du XIX°Siècle : la Révolution française a dissout les corporations de métiers du 14 Juin 1791 par la Loi Le Chapelier, ôtant aux français les protections sociales et économiques qui sont dès lors assurées par l’Etat : « Il ne doit pas être permis aux citoyens de certaines professions de s’assembler pour leurs prétendus intérêts communs. Il n’y a plus de corporations dans l’État ; il n’y a plus que l’intérêt particulier de chaque individu et l’intérêt général ».

C’est dans cette dynamique libérale que le début du XIX°Siècle voit l’installation et développement des grandes Banques, comme Rotschild à Paris en 1811, l’apparition des premières sociétés de capitaux, notamment avec le nouveau Code du Commerce de 1807 et les sociétés en commandite par actions, puis pendant le XIX°Siècle les Sociétés Anonymes : la forme tranche complètement avec les formes historiques, « plus aucun associé n’est responsable, tous bénéficient d’une responsabilité limitée. Les parts, en l’occurrence les actions, sont librement cessibles. Si cette forme répond aux besoins de plus en plus importants de capitaux, elle ne va pas de soi. Elle n’est rendue possible que grâce à la « personnalité morale » de la société, qui se substitue aux associés, et à différentes clauses qui donnent des gages aux épargnants et aux tiers, via un capital social minimum par exemple. Sa création reste d’ailleurs longtemps subordonnée à une autorisation administrative. Mais, en 1867, la loi autorise la libre création d’une société anonyme, qui devient dès lors l’une des principales formes qu’utilisent les entreprises. ». 1

Il y a donc non seulement une déresponsabilisation notable des sociétés (la notion de PDG provient de la Loi du 4 Octobre 1941 sous Vichy), mais également une absence de protections sociales des ouvriers (pour rappel, la loi sur le travail des enfants dans les manufactures date de 1841 en posant une limite d’âge à 8 ans dans les entreprises de plus de 20 salariés). Tous ces éléments ont donc amené à une véritable problématique morale, spirituelle et économique, qui fut résumée sous le terme « question sociale », avec un point paroxystique en 1871 avec la Commune de Paris où les milieux ouvriers parisiens vont tenter de s’emparer du pouvoir et massacrer des centaines de personnes, notamment des catholiques.

Pour lire la suite de cet article, vous pouvez commander notre numéro 9 – l’âme bretonne via notre Boutique en ligne.

Vous pourriez également aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.