Abbé Raffray
Entretien

Entretien avec M.l’Abbé Raffray

Voici l’entretien réalisé avec M.l’Abbé Raffray, de l’Institut du Bon Pasteur, intégralement disponible dans notre numéro de Décembre, Kroaz ar Vretoned n°7 – Nedeleg laouen d’an holl, à commander via notre boutique en ligne.

Bonjour M.l’Abbé. Pourriez-vous s’il vous plait vous présenter en quelques mots pour nos lecteurs ?

Je suis l’Abbé Matthieu Raffray, je suis originaire d’Erquy dans les Côtes d’Armor. Comme vous pouvez l’entendre, ma famille est bretonne – du côté de Saint Malo. Je suis prêtre depuis 12 ans au sein de l’Institut du Bon Pasteur (à découvrir sur ce lien), et suis actuellement en poste à Rome où j’enseigne la Philosophie au sein de l’Université Saint Thomas. Je donne également des cours à l’Institut Catholique de Toulouse, et également au Séminaire de l’Institut à Courtalain, près de Chartres.

  • Le 16 Juillet 2021, le Motu Proprio Traditionis Custodes a été publié par le Saint Père et va, assurément, impacter le visage de l’Eglise de France dans les mois et années à venir. Pourriez-vous, s’il vous plait, nous indiquer comment ces premiers mois se sont passés et votre état d’esprit actuel ? Avez-vous reçu des réponses des évêques à votre lettre du 31 Août 2021 ?

La première réaction a été de la douleur, de la tristesse, face à cette violence assez rare. Dans une époque où l’Eglise moderne parle souvent de bienveillance, de dialogue, c’est l’incompréhension face à cette décision. Dans l’ensemble, les évêques de France ont été plutôt bienveillants par rapport à ce Motu Proprio, hormis quelques « idéologues » qui essayent de rallumer la guerre liturgique des années 70. Dans sa récente intervention auprès de la Congrégation pour le Culte Divin, le Pape demandait aux évêques une application du Motu Proprio avec bienveillance et prudence. Nous sommes donc aujourd’hui dans une attitude expectative, où nous avons eu l’impression d’avoir été comme un enfant à qui un père aurait dit « J’aurais préféré que tu n’existes pas. ». Or notre attachement à cette liturgie n’est pas par nostalgie, mais par un intérêt réel pour cette forme évangélisatrice de la liturgie. Nous gardons donc tout ça dans la prière, en confiant tous ces éléments à l’Esprit Saint.

  • Le 9 Octobre dernier, le Saint Père a initié une nouvelle démarche Synodale, avec les mots clés « Communion, participation et mission ». Pourriez-vous, s’il vous plait, nous indiquer comment vous recevez cet appel ? Quelle place y voyez-vous pour la Tradition ?

Pour être tout à fait franc, cette démarche n’a, à mon avis, que peu ou pas de sens. Un « Synode sur le Synode », un dialogue sur le dialogue, me fait penser à la figure d’un vélo qui fait du sur-place, qui ne sait plus avancer. Un Eglise qui avance, et en Bretagne encore plus, c’est surtout par un retour aux bonnes vieilles méthodes, aux processions,… Reprenons ce qui marche, redonnons aux français la soif du Christ !

Pour les mots évoqués, ils sont effectivement loin du Motu Proprio et des évènements que nous venons de vivre.

  • Dans un entretien à la Gazette le Rouge et le Noir du 20 Février 2019, vous évoquiez fort à propos l’enjeu de la crédibilité sociale, l’importance vitale pour les catholiques français de « porter le discours de la Foi au cœur des préoccupations concrètes de nos contemporains ». Pensez-vous que la nouvelle démarche Synodale puisse être une bonne occasion pour les catholiques français de répondre à cette question ?

Aujourd’hui, au niveau social, l’Eglise n’est malheureusement plus une force qui défend les plus faibles, les plus vulnérables. Pourtant, cette Foi a toujours été la richesse de tous, et tout particulièrement en Bretagne. Aujourd’hui, par la voie des réseaux sociaux, je me rends compte de l’importance de la voix des prêtres. J’ai régulièrement des demandes sur tous les sujets, je suis souvent sollicité. Nous avons aujourd’hui vraiment besoin de prêtres, il faut absolument que l’Eglise redevienne visible, s’affirme.

  • C’est d’ailleurs un point que l’on retrouve chez beaucoup de jeunes prêtres, et le besoin de porter à nouveau la soutane pour être plus facilement identifier comme prêtre.

Je ne comprends même pas l’intérêt de retirer la soutane ! Pourquoi retirer l’habit du prêtre ?

  • Votre devise, « bagarre, bagarre, prière », est un appel à un catholicisme courageux, heureux et fondé sur le Christ, dans une société lissée et aseptisée. Pourriez-vous, s’il vous plait, nous donner quelques exemples concrets pour mettre cet appel en pratique dans notre quotidien ?

Alors, cette devise n’est initialement pas de moi, mais d’un jeune catholique de 17 ans qui l’avait publié sur les réseaux sociaux. Je l’avais relayé et effectivement, elle a un sens qui me touche, et rappelle qu’être Chrétien aujourd’hui, c’est d’abord un combat. Il y a des ennemis de l’Eglise, des ennemis du Christ, des progressistes qui souhaitent la détruire de l’intérieur, les gauchistes qui l’attaquent de l’extérieur ou l’Islam qui souhaiterait imposer une nouvelle religion. Nous n’avons qu’une seule Vérité, c’est Jésus Christ. Et cette Vérité a besoin d’être défendue, elle a besoin d’être portée.

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. » Il faut que nous soyons la Lumière pour nos familles, pour notre société, pour notre Patrie.

Concrètement, ça peut passer simplement en étant heureux d’être chrétien, d’aller à la Messe, de ne pas manger de viande le Vendredi – pas de manière ostentatoire, mais de manière humble. Nous devons rayonner par l’exemple. Mais pour moi, la principale urgence est au niveau de la défense de la Vie, et de la lutte contre l’avortement. Tous les catholiques doivent se mobiliser contre ces attaques contre la Vie, et lutter pour protéger les plus faibles.

  • Enfin, une question bretonne : Le 25 et 26 Septembre derniers, vous étiez auprès des catholiques bretons au Pèlerinage Feiz e Breizh. Pourriez vous, s’il vous plait, nous donner votre ressenti ? Quel message auriez vous à donner aux jeunes catholiques bretons ?

J’ai été heureux d’être présent à ce pèlerinage, ça faisait plusieurs années que je souhaitais le faire. Ces pèlerinages sont nécessaires pour le présent, pour notre France. Historiquement, les bretons étaient la source principale des vocations, et la Foi bretonne était un exemple pour beaucoup. Tant que la Bretagne n’aura pas retrouvé sa Foi, la France ne pourra pas la retrouver.  Il y a un vrai besoin d’enracinement, dans le granit breton, et alors une petite étincelle suffira à faire redémarrer l’ensemble.

Cet enracinement passe auprès des calvaires, chapelles bretonnes, mais également des innombrables saints inconnus de Bretagne, des Pardons, etc… La Bretagne doit être un phare dans la tempête, c’est là la grande Mission des bretons.

On dit de certains lieux de Bretagne, comme la Pointe Saint Matthieu, qu’elle est « au bout du Monde ». De fait, la Foi devra renaître d’un côté, devra redevenir cette Foi culturelle qui éclairera la France.

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1 commentaire

  1. BRULE a dit :

    Il est dommage que cet « abbé  » Raffray ne s’expliqué pas sur son comportement indigne envers des séminaristes qui font qu’il est surveillé par la Mivilude. Ne parlons pas non plus de sa grande appétence pour l’argent. A éviter….. pour la sauvegarde de la tradition.

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