Doue ha Breiz
Patrimoine

Nos calvaires, le drame immortel du Golgotha, taillé dans le granit breton

Nous reproduisons ici un article paru dans le numéro 18 du journal Ololê du 13 Avril 1941, rédigé par Gwimilla, intitulé : « Nos calvaires, le drame immortel du Golgotha, taillé dans le granit breton ». Par bien des aspects, cet article reste d’actualité et trouve un écho certain dans l’actuelle dynamique d’entretien et réfection de nos calvaires, chapelles et églises, notamment porté par l’association SOS Calvaires par exemple.

La Bretagne n’est pas seulement le pays des clochers à jour. C’est aussi le pays des Calvaires. Avec les ossuaires et les arcs de triomphe, les grands Calvaires caractérisent la Renaissance en Bretagne. Ces monuments sont particuliers à notre pays et n’ont pas d’équivalents ailleurs. Les artistes qui les sculptèrent ont produit de purs chefs-d’œuvre, tant par la richesse que par l’originalité de l’exécution. Dans le granit le sculpteur breton exalte sa foi, ses croyances les plus profondes, en y faisant revivre le drame immortel du Golgotha.

Admirez l’un de ces calvaires : à quelques mètres du sol, se déroule la vie du Roi des Rois, de son humble naissance à sa glorieuse Résurrection. Les calvaires de premier ordre par rang d’ancienneté sont Tronoen, en St Jean-Trolimon (fin du XV°Siècle), Plougonven, 1554 ; Guimilliau, 1581 ; Plougastel-Daoulas, 1602 ; Saint-Thégonnec, 1610 ; Pleyben, 1650.

« Le calvaire de Tronoen, écrivait le regretté artiste breton Jorj Robin, semble pauvre à beaucoup avec ses joints mal faits, son granit usé dont les morceaux se disloquent, ses croix qui n’ont plus d’équilibre. Mais combien de rempêtes, de cyclones, de raz de marée n’a-t-il pas affronté depuis plus de cinq siècles qu’il est là, à deux pas de la mer ?…« 

Il est l’image la plus fidèle du caractère et de la foi de ce peuple de marins qui l’éleva. De tous les calvaires, il est le plus breton. Aimons donc nos vieux calvaires et que notre admiration pour eux propage autour de nous le culte du passé.

« – Le rêve, disait un jour Jorj Robin, ce serait d’aller sac au dos, d’un bourg à l’autre où il y aurait de vieux calvaires malades, et là, de taper dans le tas, de les restaurer nous-mêmes… Quelle belle-oeuvre à accomplir ! …« 

Ce bon artisan de la cause de l’art breton, ne peut réaliser ce beau rêve ! A 24 ans, il mourait, laissant comme dernière oeuvre un chemin de Croix. Souhaitons qu’un jour, quelques-uns se lèvent parmi vous, petits bretons, animés du désir eux aussi de tailler notre granit, pour « accomplir la belle oeuvre » de Robin, et reprendre surtout la Tradition de nos vieux imagiers de calvaires.

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