Saint Hervé
Saints bretons

Saint Hervé

« Sainteté et poésie. Ces deux mots, les plus beaux du langage humain, résument toute la vie de Saint Hervé ».
La Jeunesse bretonne sur les pas de ses Saints, Marthe le Berre

Saint Hervé est sans doute l’un des saints bretons les plus populaires en Bretagne, et plus particulièrement dans le Léon. Nombre de nos églises gardent encore des statues de ce Saint, très souvent accompagné de son loup. Le récit de sa vie est issu de la vita Hervei (XIII°Siècle), et dans d’autres manuscrits postérieurs comme dans le Légendaire de Tréguier du XIV°Siècle.

Fils du barde breton Harvian et neveu du moine Saint Urfold, Hervé serait né vers 520 au manoir de Lanrioul en Plouzévédé. Aveugle de naissance, il perd son père pendant son jeune âge et est élevé par sa mère Rivanone. Il quittera ensuite le foyer familial pour aller suivre l’enseignement de son oncle Saint Urfold, à Bourg Blanc. Pour se déplacer, il est accompagné d’un guide nommé Guic’haran, qui est également l’aide de Saint Urfold.

C’est lors de cette période que survient l’un des miracles les plus connus de la Vie de Saint Hervé : Un jour, un loup attaqua le petit âne qui servait Guic’haran aux champs. Alerté par les cris de son guide, Saint Hervé accourut et s’adressa alors à Dieu : « Père Tout-Puissant vous avez permis qu’une bête féroce mît à mort cet âne dont j’avais la garde. Abandonnez-moi le voleur et faites qu’il remplace dans ses fonctions sa pauvre victime » . Et le loup s’exécuta alors et, après avoir passé le collier d’attelage, acheva le travail entamé par le petit âne. C’est pour ce célèbre miracle que Saint Hervé est aujourd’hui considéré comme le protecteur des animaux domestiques et des troupeaux.

Un autre histoire similaire rapporte que le loup aurait attaqué le chien qui guidait le Saint, et qu’après avoir prié, le loup aurait remplacé le chien en laisse. C’est ainsi que sur certaines statues, le loup apparaît en laisse auprès de Saint Hervé, comme celle du Cloître-Saint-Thégonnec par exemple.

Après avoir fini son éducation auprès de Saint Ufold, Saint Hervé retourna auprès de sa mère à Lanhouarneau et, après le retour au Père de cette dernière, aurait fondé son premier ermitage à cet endroit. En raison de sa cécité, Saint Hervé a toujours refusé d’être ordonné prêtre et, face aux demandes de l’évêque de Saint Pol de Léon, accepta seulement de recevoir les ordres mineurs et d’être nommé exorciste du Diocèse.

Quelques temps plus tard, il est convoqué au Concile du Ménez-Bré pour participer au jugement du Roi meurtrier Conomor, qui avait assassiné Sainte Tréphine quelques temps auparavant. Un seigneur local, impatienté par le retard du Saint aveugle, se serait alors écrié « Quoi ! Nous avons perdu toute une journée à attendre ce misérable aveugle ! ». A ces paroles révoltantes, l’outrecuidant aurait été frappé de cécité : Saint Hervé arrivant, traça une croix sur le sol aride et une source d’eau limpide apparût. Il prit alors l’eau pour bénir les yeux du seigneur aveugle – la fontaine existe encore, à Pédernec.

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Saint Hervé

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