Saint Salomon de Bretagne
Saints bretons

Saint Salomon, ou les saintes leçons aux nations

Gustave Thibon écrivait : « Les nations ont besoin de héros et de saints comme la pâte a besoin de levain ». Pourtant, sur l’aspect exemplarité et témoignage national, l’histoire de Saint Salomon pourrait paraître déconcertante de prime abord : même si la sainteté transparaît dans l’ensemble des actes et des faits de la seconde partie de sa vie, il reste tout de même le meurtre d’Erispoé, qui peut faire écho d’une certaine manière au second livre de Samuel, avec le récit du meurtre d’Urie le hittite par le Roi David.

Et pourtant, la vie de Saint Salomon peut toujours être source de quelques leçons pour les catholiques d’aujourd’hui, que ce soit sur l’appel à la Sainteté, sur l’évangélisation et l’annonce du Christ, ou encore l’importance de l’opposition à la culture de mort au sein de notre Société.
En premier lieu, la vie de Saint Salomon rappelle qu’un Saint n’est pas un homme qui ne pêche pas, et que la Sainteté n’est pas un chemin où seule une poignée « d’élus » pourrait cheminer. Constat que bien d’autres vies de saints peuvent également confirmer, comme celles de Saint Augustin ou Saint Paul par exemple. De fait, Saint Salomon s’inscrit parfaitement dans cette sainteté simple et accessible que décrit le Saint Père dans son Encyclique Gaudete et Exsultate : « Tout ce que fait un Saint n’est pas nécessairement authentique et parfait. Ce qu’il faut considérer, c’est l’ensemble de sa vie, tout son cheminement de sanctification, cette figure qui reflète quelque chose de Jésus-Christ et qui se révèle quand on parvient à percevoir le sens de la totalité de sa personne».

Mais Saint Salomon, par son soutien indéfectible au développement de la Foi chrétienne au sein de la Bretagne et la fondation de nombreux monastères comme celui de Saint Maxent ou encore celui de Saint Sauveur, nous appelle également à être des catholiques debout, en vivant de cette sainteté qui « n’est rien d’autre que la charité pleinement vécue ». Cette charité catholique nous invite donc non seulement à annoncer l’Evangile du Christ, soutenir notre Eglise dans toutes ses actions et propositions, mais également à l’engagement sociétal en faveur de « restauration de systèmes sociaux et économiques justes de manière que, désormais, il ne puisse plus y avoir d’exclusion » .

Enfin et surtout, la vie de Saint Salomon nous rappelle que le meurtre de l’innocent laisse une marque indélébile dans le cœur humain, qui ne s’estompe pas avec le temps. Profondément meurtri par l’assassinat d’Erispoé pendant des années, Saint Salomon se retirera dans un monastère à la fin de sa vie pour pouvoir expier sa faute.

L’actuelle culture de mort qui sévit dans notre Société marque de la même manière des millions de personnes, poussant à la relativisation de la dignité humaine et la valeur même de la Vie, au travers de l’avortement comme au travers de l’euthanasie. Comme l’exprimait Saint Jean Paul II dans l’Encyclique Evangelium Vitae : « Tuer l’être humain, dans lequel l’image de Dieu est présente, est un péché d’une particulière gravité. Seul Dieu est maître de la vie. […] La décision délibérée de priver un être humain innocent de sa vie est toujours mauvaise du point de vue moral et ne peut jamais être licite, ni comme fin, ni comme moyen en vue d’une fin bonne. En effet, c’est une grave désobéissance à la loi morale, plus encore à Dieu lui-même, qui en est l’auteur et le garant; cela contredit les vertus fondamentales de la justice et de la charité.».

Ainsi, l’image de Saint Salomon ou encore celle du Roi David nous rappelle certes l’importance de la prière, mais surtout l’infinie miséricorde de Dieu, seule capable d’apporter la paix dans le cœur des hommes.

S’il est donc une leçon à retenir de la vie de Saint Salomon, c’est bien une leçon d’Espérance : en acceptant de se reposer sur le Christ pour avancer sur le chemin de sanctification auquel chaque catholique est appelé, Saint Salomon aura marqué l’histoire de la Bretagne catholique et porté haut l’étendard du Christ. Marchons donc à sa suite, plein d’espérance, comme disait le Docteur de l’Eglise Saint Grégoire le Grand, « Ad majorem Dei Gloria » (Pour la plus grande Gloire de Dieu) !

1 Encyclique Gaudete et Exsultate, Sa Sainteté le Pape François

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1 commentaire

  1. BOUDÉREAUX a dit :

    Article intéressant
    Merci

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