Jean-Pierre Calloc'h
Patrimoine

Yann-Ber Kalloc’h, le poète de l’âme bretonne

Né le 21 Juillet 1888 à Groix, le poète catholique breton Jean-Pierre Calloc’h (« Yann-Ber Kalloc’h ») rendait son âme à Dieu le 10 Avril 1917, tout juste âgé de 28 ans, frappé d’un éclat d’obus. L’élève du poète breton Blei Lann Vaus, qui fut son professeur au séminaire de Vannes au début des années 1900, avait voué toute sa – trop courte – existence à rendre grâce à Dieu, à faire entendre par de sublimes vers son amour pour son pays breton et la terre de ses ancêtres.

Jean-Pierre Calloc’h, formé dans un premier temps au petit séminaire d’Auray puis au grand séminaire de Vannes, dût renoncer au sacerdoce par souci de santé. Passé un temps par un service militaire à Vitré où il donna également des cours de breton à des soldats bretonnants, il put collaborer à diverses revues bretonnes, à commencer par la revue Brittia ou le Pays breton, sous le pseudonyme de Bleimor (« loup de mer » en breton).

Incorporé au 1°février 1915 dans un régiment d’infanterie, il écrit dans Quart de nuit aux tranchées : « Aux frontières de l’est, je suis le rocher breton ». C’est pendant ces années de guerre, dans les ténèbres et la noirceur des tranchées, que les plus beaux poèmes de Bleimor furent écrits, comme pour rappeler ce verset de l’Evangile de Saint Jean : « Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. »

Mort au champ d’honneur et en héros a rejoint celui des 546 écrivains morts au Panthéon, il laisse de nombreux poèmes et notamment son recueil posthume « Ar en Deulin (à genoux)« . C’est notamment dans ce recueil qu’il lance un vibrant appel à la Bretagne, au sursaut de la Foi bretonne, comme dans la prière « Tri neved, ter beden » (Trois sanctuaires, trois prières) : « Apprenez-moi, mon Dieu les mots qui réveillent un peuple. Et j’irai messager d’espérance, les répéter sur ma Bretagne endormie »

Le poète groisillon aura marqué d’une empreinte toute particulière la Bretagne du début du XX°Siècle, et aura été l’un des plus grands chantres de sa langue. De très nombreuses rues bretonnes portent encore le nom de ce poète, mais qu’il est regrettable que si peu de bretons connaissent son nom et ses poèmes ! N’hésitons donc pas à faire découvrir ces poèmes autour de nous : non seulement ils témoignent de la beauté linguistique du breton, mais appellent toujours de leurs vœux ce sursaut catholique de la terre de Yann-Ber Kalloc’h, pour que les nouvelles générations de bretons puissent marcher à sa suite, sur les chemins du Christ.

Nous sommes Vos pauvres bretons,

Venez donc, venez donc,

Il est grand temps, nous ne pouvons plus attendre,

venez ô Jésus,

D’un mot éloignez les pleureurs bruyants,

Et dites à notre patrie morte : Lève-toi…

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