Pontivy - Chapelle Saint Ivy
Saints bretons

6 Octobre – Saint Ivy

Cet article est tiré du dernier numéro de Kroaz ar Vretoned – Nominoë, Tad ar Vro, disponible sur notre boutique.

Saint Ivy (ou Yvi), fut moine de Bretagne insulaire au VIIe siècle. Nous n’avons que peu de traces écrites de la vie de ce saint, vie qui ne nous est parvenue qu’à partir d’une combinaison d’hagiographies, comme bon nombre de vie de Saints de ces premiers siècles. L’une des sources les plus complètes sur la vie de Saint Ivy reste l’Acta sanctorum octobris : ex latinis et graecis, aliarumque gentium monumentis, servata primigenia veterum scriptorum phrasi, publiée en 1770 – année de la fondation de la Chapelle Saint Ivy à Pontivy, sur les traces de l’antique église dédiée à Saint Ivy.

Pontivy - Chapelle Saint Ivy

Saint Ivy serait né au Pays de Galles, vers l’an 655. Eduqué dans la Foi catholique par ses parents, Branon et Egida, il aurait été remarqué par sa vive intelligence et sa curiosité naturelle. Après la mort de ses parents vers 680, il décide de se consacrer totalement au Christ et rejoint l’Abbaye de Lindisfarne où il aurait été recueilli  par saint Cuthbert, Abbé de Lindisfarne, qui deviendra ensuite évêque de Durham. Saint Ivy sera alors ordonné diacre, mais refusera l’ordination sacerdotale par humilité. Tout comme Saint Cuthbert et Saint Herbert, il souhaita vivre en ermite et prit la mer pour atteindre la petite Bretagne.

Il débarque sur la côte bretonne, près de Ploubazlanec où il fonde un premier ermitage, qui deviendra par la suite Loguivy de la Mer. De là, il gagne le centre-Bretagne, fonde un autre ermitage et construit un pont qui enjambe le Blavet. Ce petit monastère commence à rayonner et devient progressivement un bourg du nom de Pontivy, en hommage à son Saint fondateur. Le pont aurait été détruit au X°Siècle lors des invasions normandes, tout comme le monastère.

Saint Ivy aurait fini son parcours breton vers le littoral atlantique près de Concarneau, où il aurait fondé son dernier ermitage à Saint-Yvi. « C’est en ce lieu que le saint passe le reste de ses jours dans les jeûnes, les veilles, et la pratique de toutes les vertus, dont il est un modèle parfait » écrit Dom Lobineau ; il meurt un 6 octobre peu après l’an 700 (l’année précise de son décès est inconnue) »[1]. Son corps fut rapatrié plus tard en Angleterre à la fin du Xe (984 selon  l’Acta sanctorum octobris) et aurait reposé dans l’église du monastère bénédictin de Wilton dans le comté de Wilts.

Il est parfois confondu avec le Saint Patron du Pays de Galles, Saint David de Ménevie (Sant Dewy), mais le nombre de chapelles dédiés et de communes portant son patronage confirment son passage armoricain, et sa place toute particulière dans le coeur des bretons.


[1] Charles Floquet, Au cœur de l’Arcoat. La Bretagne intérieure : L’itinéraire breton de saint Ivy, France-Empire, 1982

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