Tableaux de mission - Bretagne
Inculturation bretonne

A la découverte des Taolennoù, les tableaux de missions

Dans son ouvrage Mellezour an Eneour (Miroir de l’âme), Jean Luis Rozec rappelait : « Ar bobl, end-eeun, a gar deski dre al lagad ha dre ar skouarn. An dud gouiziek kement all, pe n’eo ket gwir ken krenn-lavar ar skiant-furnez : « Eus an diañvaez e teu kement tra a zo er spered »  (Le peuple aime, en effet, se servir de l’œil et de l’oreille pour apprendre. Les savants tout autant, si du moins est toujours vrai cet axiome philosophique : « Il n’est rien dans l’intelligence qui n’ait d’abord été dans les sens ») ». Et c’est cet axe d’évangélisation qui fut mis en avant par certains prédicateurs, dans le contexte de Contre-Réforme catholique.

C’est dans ce cadre que l’Abbé Hubby, d’Hennebont, fait réaliser ses premiers tableaux de missions (Taolennoù), de grands « tableaux » peints sur des peaux de mouton ou des plaques de bois, représentant des figures et des symboles, visant à éclairer le croyant sur les préceptes de la religion, sur les devoirs du catholique. Sa prédication s’articulait autour d’une série de douze “ images morales ”, quatre représentant les fins dernières (mort du pécheur, enfer, mort du juste, paradis) et huit cœurs allégoriques.

Ceci inspirera d’autres prédicateurs bretons comme le Vénérable Abbé Michel Le Nobletz, au début du XVII°Siècle. Celui-ci fait également réaliser ses propres « tableaux de missions », plus célèbres encore, qui contiennent parfois des scènes impressionnantes : la carte de la croix par exemple, représente une croix fleurie dont le pied repose sur des fonts baptismaux. De part et d’autre de cette croix, trois chemins différents : deux chemins mènent aux enfers, pour les chrétiens tièdes ou peu courageux et la seule voie de salut, décrite par la carte, est celle où le chrétien porte sa croix. « La « carte de la Croix » ou certaines images de la carte dite « des Cœurs » peuvent en effet se lire comme une traduction en langage populaire des Exercices de Saint Ignace »[1].

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[1] Hervé Queinnec, « Le catéchisme mystique de dom Michel Le Nobletz »

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