Cannteireachd
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Cannteireachd

Cet article est tiré du dernier numéro de Kroaz ar Vretoned – Nominoë, Tad ar Vro, disponible sur notre boutique.

« On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer. » Xavier Grall

Il existait, il n’y a pas si longtemps, d’illustres poètes bretons, de talentueux chantres qui composaient, au fil des vers et mélopées, cet art poétique breton. Aux relents et détours fantastiques certes, mais à l’ancrage de granit et aux racines viscéralement bretonnes. Et ce premier roman d’Eflamm Caouissin, connu pour son travail via Ar Gedour, s’inscrit parfaitement dans cet héritage spécifique, car breton dans son essence même : fantastique évidemment, parsemé de cet amour pour notre Bretagne, aux résonances uniques.

Au fil des mois, au fil des symboles (« Daouzek miz, daouzek arouez »), le lecteur est ainsi invité à suivre les pérégrinations de Gwenc’hlan, qui passeront des interrogations sur la vacuité du temps aux actuelles dérives mercantiles, amorales et dangereuses, en passant par ses inquiétudes pour sa Bretagne. S’il est parfois complexe pour le lecteur cartésien de suivre ces ballades particulières et digressions philosophiques, sa ténacité sera toutefois récompensée par l’appréhension d’une partie importante de la Bretagne : si elle reste simple et parfois rude dans son identité, elle se revêt parfois d’un voile poétique sans pareil, d’une délicatesse toute singulière. Le poète Jean-Pierre Calloc’h, dans son poème Talitha, Cumi, la présentait comme une jeune fille qui avait tout, beauté, pureté et jeunesse, qui n’attend qu’un mot du Christ pour se relever…

Cannteireachd aurait dû, un moment, s’appeler « Hunvreoù », rêves en breton, mais l’auteur a préféré mettre en avant la musicalité et l’apprentissage, ce qui correspondant effectivement davantage au contenu de l’ouvrage : comme la méthode Cannteireachd reste une invitation à la découverte de la cornemuse écossaise, le pibroc’h, l’ouvrage Cannteireachd demeure une invitation personnelle à la découverte bretonne, dans son histoire et son identité, dans sa Foi et dans son patrimoine.

Le nom du narrateur, Gwenc’hlan, est lui-même une référence particulière à la gwerz du Barzaz Breizh – Diougan Gwenc’hlan -, mais en prenant son parfait contre-pied : là où la légende originelle narre le combat du barde païen contre le christianisme, Cannteireachd se veut plutôt la gwerz du barde catholique breton dans un monde païen, amoral et sans repères. Une belle prouesse donc !

A l’approche de la fin d’année, voici un bel ouvrage à faire découvrir dans nos familles, à ces jeunes générations qui doivent, elles aussi, devenir bretonnes.

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