Bretons dans la Cité

Educare et educere

Cet article est extrait du numéro 18 de Kroaz ar Vretoned – « la Famille, un sanctuaire à protéger » :

« La famille « constitue une communauté d’amour et de solidarité, apte de façon unique à enseigner et à transmettre des valeurs culturelles, éthiques, sociales, spirituelles et religieuses essentielles au développement et au bien-être de ses propres membres et de la société ». En exerçant sa mission éducative, la famille contribue au bien commun et constitue la première école de vertus sociales, dont toutes les sociétés ont besoin. »[1]

Le terme « d’éducation » reste aujourd’hui  – trop – souvent résumé à la simple assurance, par les parents, de la transmission des règles de savoir-vivre de bases et de la ration quotidienne pour les jeunes enfants. L’instruction quant à elle, bien distincte, issue de « instruere » serait quant à elle l’ensemble des connaissances fournies par l’Etat, par le biais de l’école, collègue et lycée, sans droit de regard des parents. Cette dichotomie, partielle et partiale, tend à opposer les deux faces où les parents ne seraient réduits qu’à la subsistance physique du jeune, tandis que l’école veille à la constitution même du futur citoyen.

Or, c’est oublier le rôle de « premiers éducateurs »[2] des parents et, plus largement encore, de la famille. Ce rôle d’éducation, essentiel, se veut double : éduquer au sens educare, à savoir « former l’esprit de quelqu’un, développer ses aptitudes intellectuelles, physiques, son sens moral. » mais surtout educere (tirer de) : «L’amour des parents, en se mettant au service des enfants pour les aider à tirer d’eux le meilleur d’eux-mêmes ». Dans le sens educare, il est donc du rôle des parents de s’assurer non seulement de la bonne croissance et santé de l’enfant, mais également de la formation morale, intellectuelle et religieuse reçue par l’enfant, pour en faire in fine un adulte droit et responsable au sein de la Société, un « citoyen » dans le sens le plus sain du mot. L’instruction est alors ici à comprendre comme une délégation partielle de l’éducation parentale, pour que l’enfant puisse recevoir l’ensemble des connaissances nécessaires à son épanouissement futur d’adulte. Ainsi, la volonté, ancienne mais toujours d’actualité, de l’Etat de vouloir s’accaparer l’ensemble de l’Education Nationale reste donc non seulement immoral, mais surtout injuste : « Quand l’État revendique le monopole scolaire, il outrepasse ses droits et offense la justice. »[3]

Car l’enfant doit surtout être éduqué au sens d’educere, c’est-à-dire être tiré vers le haut, que ce soit au niveau intellectuel, social et moral. Ici, c’est donc bien une éducation « intégrale » de l’enfant qui doit être idéalement visée, où les vertus et l’intellect, la droiture, la justice et la charité sont équitablement transmises par un amour infini des parents, en gardant en paradigme éducationnel que l’enfant reste un adulte en devenir, dans sa liberté la plus complète. C’est parce qu’elle s’appuie sur l’amour parental et conjugal, socle de la famille, que cette éducation intégrale ne peut être assurée par l’Etat. Et aujourd’hui, à l’heure où l’instruction familiale est fortement remise en cause par l’Etat, à l’heure où l’égalitarisme lutte toujours comme l’école privée, il est essentiel de se rappeler cette double vocation de l’éducation de nos jeunes.


[1] Compendium Doctrine Sociale de l’Eglise – Point 238

[2] Compendium Doctrine Sociale de l’Eglise –  Point 240

[3] Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instr. Libertatis conscientia

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1 commentaire

  1. Loez a dit :

    Super !

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