Chapelle du Ménez-Hom
Patrimoine

L’Art sacré breton, reflet de l’âme bretonne

« Exalté par les uns comme exquisément naïf, rabaissé par les autres comme trop rude, ce qu’il inspire le moins, c’est l’indifférence. Ce qui l’impose à l’attention, c’est son abondance, son absolue ingénuité, son adaptation singulière à la figure du pays qu’il décore, le témoignage qu’il porte de l’âme infiniment nuancée du peuple breton. Car voilà bien son caractère essentiel : c’est un art populaire ».

Dans son ouvrage phare, Henri Waquet définissait en quelques lignes d’introduction cet art breton si particulier : il n’est ni le plus fastueux, ni le plus exubérant, ni le plus connu. Simple, sobre, humble et parfois rude, autant de qualificatifs qui peuvent définir cet Art sacré breton au fil des siècles. Du moins, jusqu’au renouveau initié au début du XX°Siècle autour du mouvement Ar Seiz Breur, qui regroupa jusqu’à 50 artistes comme Xavier de Langlais, Jeanne Malivel, René-Yves Creston et tant d’autres.

Peu de traces romanes

Alors que le Royaume de France se couvre « d’un blanc manteau d’église » au début du XI°Siècle et se développe l’art roman pour les nouvelles constructions, la Bretagne semble plus lente à suivre la nouvelle dynamique, à quelques exceptions près comme dans certaines abbayes comme celle de Saint Gildas de Rhuys, l’église Saint-Tudy de Loctudy, l’abbatiale Sainte Croix de Quimperlé ou encore l’église Saint Pierre de Fouesnant. De fait, comme le soulignait Prosper Mérimé, il ne subsiste que peu de traces d’art roman en Bretagne : « L’église de Loctudy est un des rares monuments de style roman qui subsiste encore en Bretagne. ». Roger Grand, dans son ouvrage l’Art roman en Bretagne, analysait les différentes causes de la disparition des monuments de cette époque romane, à commencer par les invasions normandes, les incendies et catastrophes, mais surtout une grande ferveur populaire et un fort esprit de clocher. Ainsi, l’absence constatée aujourd’hui n’est-elle pas intrinsèquement la preuve d’une inexistence historique, mais peut également souligner l’évolution et l’intérêt constant des bretons pour la beauté de leurs chapelles, églises et autres monuments.

L’âge d’or de la Bretagne

Il faut attendre la fin du XIII° et début du XIV°Siècle pour voir réellement se développer l’art gothique en Bretagne, avec ce qu’Henri Waquet nommait « le développement du voûtement des églises »[1], notamment par le voûtement en bois que l’on retrouve si souvent en Bretagne. Les voûtes en pierre n’ont effectivement pas eu le même succès que d’autres provinces, « peut-être parce que les matériaux les plus utilisés, comme le granit ou le kersanton, ne se prêtaient pas aisément à l’appareillage des arcs et des voûtains »[2].

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[1] L’Art Breton, Tome 1, p50

[2] Décor peint et iconographie des voûtes lambrissées de la fin du Moyen Âge en Bretagne, Barral I Altet, Javier, 1987

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