Patrimoine

Nominoë et l’Eglise

Depuis quelques années, certaines récupérations politiques de la figure de Nominoë ont voulu le présenter comme la consécration de la résistance païenne bretonne face au catholicisme franc, de la victoire du paganisme celte face à la Croix romaine. Or, rien n’est plus faux dès lors que l’on étudie un tant soit peu les relations de Nominoë avec la Foi catholique et l’Eglise, sans compter son conseiller Saint Conwoïon, fondateur de l’Abbaye bénédictine de Redon.

Il est d’abord important de préciser qu’au VII°siècle, « l’épine dorsale de l’église séculière au temps de Nominoë est constituée par les prêtres de paroisse, et par eux seuls. »[1]. Les évêques ont une place particulière dans l’édifice de l’Eglise bretonne : rattachés à l’archevêché de Tours, les évêques ont plus une place politique qu’une place apostolique. Au début du VII°siècle, la plupart de ces évêques bretons sont acquis à la cause franque, notamment à Quimper, Vannes, Saint Pol de Léon et Dol de Bretagne. C’est pour cette raison que Nominoë, en 848, envoie une délégation menée par Saint Conwoïon vers le Pape Léon IV pour lui demander la déposition de certains évêques, et ainsi assurer la pérennité de l’émancipation bretonne. Le Pape lui recommande de tenir un Synode, lui offre quelques reliques de Saint Marcellin, mais ne soutient pas pleinement la demande du Duc breton. De fait, sur conseil de Saint Conwoïon, Nominoë tente alors un coup de force et réunit un concile breton à Coitlouh qui dépose quatre évêques (Susan de Vannes, Félix de Quimper, Salocon de Dol et Libéral de Saint-Pol), et initie les démarches pour « ériger le siège de saint Samson en métropole ecclésiastique de Bretagne. »[2].

On imagine aisément les conséquences de ce coup de force au niveau diplomatique avec le Royaume Franc, l’archevêché de Tours et le Saint Siège, et le nombre de textes écrits à cette époque dénonçant le Duc Breton est assez éloquent. Toutefois, ces démarches montrent certes la volonté politique du Tad ar Vro d’émancipation bretonne, mais surtout l’attachement de Nominoë à la Foi catholique : « Une première constatation doit être dressée avec force : les Bretons de Nominoë sont chrétiens. »1

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Sacre de Nominoë, accompagné de Saint Conwoïon – O lo lê n°6

[1] CASSARD, Jean-Christophe. Chapitre 10. L’Église dans le siècle In : Les Bretons de Nominoë [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2003

[2] Pocquet du Haut-Jussé (Barthélemy), Les papes et les ducs de Bretagne, tome I

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