Patrimoine

Paul Ladmirault, le compositeur breton

Cet article est extrait du numéro 18 de Kroaz ar Vretoned – « la Famille, un sanctuaire à protéger » :

Si l’accord entre la musique et la Bretagne se retrouve aujourd’hui principalement dans la musique folklorique, il sût également trouver certains échos dans d’autres types de musiques, à commencer par la musique classique et sacrée. Paul Ladmirault en est l’une des principales figures : né le 8 Décembre 1877 à Nantes, il apprend très tôt le piano, l’orgue et le violon. Composant ses premières œuvres au Collège, il écrit à seize ans son premier opéra, Gilles de Rais, représenté le 18 Mai 1893 à la salle des Beaux Arts de Nantes.

Condisciple de Ravel, Schmitt ou Aubert au Conservatoire de Paris à la fin du XIX°Siècle, il donne en 1903 une Suite bretonne en trois parties, complété par Brocéliande au matin. Il sera par ailleurs récompensé par le Premier prix d’harmonie à l’unanimité au Conservatoire de Paris en 1899. Bretonnant depuis son jeune âge, il reste profondément attaché à sa terre armoricaine, même quand il reste à Paris. Ainsi, en 1912, il y fonde l’Association des Compositeurs bretons, également surnommée « la Cohorte bretonne », dont l’objet est « de provoquer à l’étude et à la diffusion de la musique celtique ; grouper les différents musiciens susceptibles de par leur naissance bretonne de posséder de naturelles affinités ». Il y retrouve d’autres bretons, comme Louis Aubert, Paul Le Flem et surtout Guy Ropartz, l’une des plus grandes figures de la musique bretonne du XX°Siècle.

L’Association n’ayant pas survécu à la Première Guerre Mondiale, Paul Ladmirault revient alors en Bretagne et est nommé en 1920 professeur de contrepoint et de fugue au Conservatoire de Nantes. Il continue de composer sur différents thèmes, et devient l’un des premiers compositeurs membres du groupe artistique Seiz Breur. Compositeur d’une douceur toute particulière et caractéristique, aux mélodies quasi-mélancoliques, il compose plusieurs morceaux comme Dominical (Suite de cinq mélodies pour quatuor vocal et piano en 1911), Quelques vieux cantiques bretons, Chansons écossaises,  Messe Brève (1937) ou encore Prière à Notre Dame. De la Messe Brève de Ladmirault, Mgr Rehmann dira : « Au premier coup d’œil, il était clair pour moi qu’un véritable Maitre, avec une puissance extraordinairement grande, avait créé quelque chose d’adéquat pour le culte divin. » Cette Messe fut écrite, à 60 ans, pour l’ordination de son fils, Daniel.

En 1929, il fonde avec Edouard Guéguen, le Cercle Celtique de Nantes, un des plus anciens cercles de Bretagne, où il dirige la chorale. Discret, il rend son âme à Dieu le 30 Octobre 1944 dans son Manoir de Kerbili en Camoël (Pays Nantais). Florent Schmitt, ami et également compositeur, écrivait à son propos : « de tous les musiciens marquants de la génération qui monte, il est peut-être le plus doué, le plus original, mais aussi le plus modeste ».

« Tout le monde sait que Paul Ladmirault est un musicien de haute classe qui, dès ses premières œuvres, affirma des dons exceptionnels et en particulier une sorte de génie harmonique d’une personnalité et d’une originalité singulières. » Émile VUILLERMOZ

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