Chapelle Notre Dame de Crénénan - Ploërdut
Bretons dans la Cité

Préservons nos églises !

Lors du conseil municipal de Douarnenez du 22 Septembre, des élus d’opposition se sont emportés face au coût d’entretien des édifices religieux, proposant d’en vendre une partie pour réduire ces coûts d’entretien. Ce phénomène reste rare en Bretagne, mais pas en France : depuis quelques années maintenant, des chapelles et églises sont régulièrement vendues et cette dynamique tend même à s’accentuer avec les baisses des dotations étatiques. En Bretagne, on peut citer par exemple la vente récente de la Chapelle de Notre Dame du Bon Secours par la municipalité de Rennes, la chapelle du Grand Séminaire de Quimper, la chapelle de Koh Coët de Guénin, etc…

Si certaines associations se battent pour préserver ces bâtiments, comme l’œuvre de Saint Joseph par exemple, le débat a toujours cours, même au sein de l’église : face à la désaffection de ces bâtiments par les fidèles, certains catholiques acceptent volontiers l’argument économique de l’impossible « tonneau des danaïdes », pour accepter de vendre à l’encan ces chapelles et églises bâties par nos ancêtres.

Mais il faut reprendre ces quelques mots du poète Auguste Brizeux pour saisir l’importance de ces bâtiments : « Les bruyères sont belles, Nos yeux s’ouvrent plus grands aux aspects du pays, Plus fervents nous prions sur le sol des chapelles, Nous allons plus joyeux sous l’ombre des taillis. Ô poète rustique, ô poète sincère, Sois heureux de ta coupe et redis en tout lieu, Ce vers qui soutiendra souvent notre misère, Aimons notre pays et surtout aimons Dieu! »[1]

Ces chapelles et églises ne sont pas des bâtiments anodins : ils sont les témoins historiques de l’âme bretonne, ce patrimoine bâti par la ferveur bretonne et reçu en héritage par les jeunes générations qui ont l’impérieux devoir de le protéger, de l’enrichir et de le transmettre à leur tour, comme l’écrivait Ernest Renan dans son Discours : « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. »[2]

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[1] La Fleur d’Or, Auguste Brizeux

[2] Qu’est-ce qu’une Nation ? 1882

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