Bretons dans la Cité

Vers un néo-malthusianisme d’Etat

Il a fait chaud ces dernières semaines. Les épisodes caniculaires se sont enchaînés, avec une intensité rarement vue sur nos terres bretonnes. En conséquence évidente, de nombreux intervenants médiatiques ont pu joindre ce phénomène au changement climatique, appelant de tous leurs vœux une prise de conscience massive de l’importance de la protection de la planète. Et, de fait, la Doctrine Sociale de l’Eglise appelle également à cette préservation de l’environnement, et de la juste relation entre l’homme et son environnement : « L’époque moderne a enregistré une capacité croissante de l’homme à intervenir pour transformer. L’aspect de conquête et d’exploitation des ressources est devenu prédominant et envahissant, et il est même parvenu aujourd’hui à menacer la capacité hospitalière de l’environnement: l’environnement comme “ressource” risque de menacer l’environnement comme “maison”[1]

Toutefois, au sein des discours médiatiques, une nouveauté se développe depuis quelques années : la condamnation de la vie naissance, qui n’est plus vue comme un miracle à préserver, mais un quota carbone à éviter et une atteinte aux ressources disponibles. Une étude suédoise de 2017[2] calculait ainsi que « ne pas avoir d’enfant représentait une économie de 60 tonnes équivalent CO2 par an », ce qui en faisait l’argument principal de la restriction des naissances, loin devant l’absence de voiture (5.3 tonnes équivalent CO2 par an) ou l’alimentation sans viande (1.6 tonnes équivalent CO2 par an)[3]

Cette mise en avant de la restriction des naissances par souci écologique est communément appelée « néo-malthusianisme », en référence à la théorie historique de Thomas Malthus qui prônait cette restriction des naissances pour que la croissance démographique reste en adéquation avec la croissance des richesses. Point plus précis encore : Malthus prônait l’arrêt des aides d’Etat aux plus pauvres, pour les inciter à réduire le nombre d’enfants – ainsi, les plus aisés étaient préservés de cette « décroissance » démographique.

Si l’économiste Ester Boserup a démontré l’erreur économique des théories malthusiennes, l’Eglise de son côté n’a jamais cessé de lutter contre ces mêmes théories, rappelant que le socle de la société, le mariage, ne trouve son plein épanouissement qu’avec la fécondité et l’accueil de la Vie. La plus belle encyclique sur le sujet est Casti Connubii de Pie XI (1931), notamment la partie sur la Dignité des parents. Cette responsabilité parentale et familiale n’est pas en inadéquation avec la préservation de l’environnement, et même plutôt complémentaire par le lien entre « écologie environnementale » et « écologie humaine » (cf. Point 465 du Compendium de la DSE).

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[1] Point 461 – Jean-Paul II, Discours aux participants à un Congrès sur environnement et santé (24 mars 1997)

[2] https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pour-reduire-son-empreinte-carbone-le-plus-efficace-serait-de-ne-pas-se-reproduire_114721

[3] https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/aa7541/meta;jsessionid=BE58B8A7FDC40EF66BE91A2EAF712462.c1.iopscience.cld.iop.org

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