Saint Thomas d'Aquin
Bretons dans la Cité

Virtus politica, chimère ou sursaut nécessaire ?

La « fin de l’abondance » a du mal à passer. Annonce maladroite et quasi-irrespectueuse, aux retours de vacances dispendieuses du Président Macron, en plein contexte économique complexe où une inflation galopante frappe des millions de ménages français et bretons. En parallèle, de nombreux scandales politiques se multiplient, à gauche comme à droite, montrant – parfois durement – que la vertu des discours politiques n’est souvent que vaine parole, sans convictions ni adhésion personnelle… Comme le disait déjà Salluste : « L’ambition a contraint de nombreux mortels à devenir faux. Autre chose est d’avoir la vertu cachée dans le coeur, ou agile sur la langue, et d’en avoir l’apparence plus que le caractère »[1] !

Ce qui pose, implicitement, la question de la Vertu Politique, « principe fondamental du gouvernement démocratique » pour citer Robespierre[2] et Montesquieu : n’est-elle qu’une utopie inaccessible, se fondant sur le sable des discours creux, implacablement foudroyée sur l’autel de l’ambition personnelle ?

Dans l’Histoire de la pensée philosophique, de grands noms se sont confrontés à la définition de la « Virtus politica », nécessaire au gouvernement de tout Etat. Platon, Aristote, Macrobe, Saint Albert le Grand, Saint Thomas d’Aquin ou encore le théologien Pierre d’Auvergne, bien avant les lumières révolutionnaires, s’étaient penché sur cette difficile question : qu’est-ce que la Vertu en politique ? Pourquoi est-elle au centre de l’ensemble de l’édifice et du gouvernement des peuples ? Sur quelles bases se fonde-t-elle ?

Dès l’époque des philosophes grecs, Platon pose une division quadripartite de la Vertu, « phronêsis, andreia, dikaiôsunê, sophrôsunê », ce que Cicéron traduira en latin par « prudentia, fortitudo, justitia, moderatio », également repris dans le Livre de la Sagesse (Chapitre 8, 7) : « Veut-on devenir juste ? Les labeurs de la Sagesse produisent les vertus : elle enseigne la tempérance et la prudence, la justice et la force d’âme, et rien n’est plus utile aux hommes dans l’existence. ». Saint Ambroise et Saint Augustin intègreront au IV°Siècle ces vertus à la philosophie chrétienne sous le vocable des « Vertus cardinales » : prudence, justice, courage et modération.

Ces vertus sont, de fait, individuelles et propres à chacun, mues par l’Amour de Dieu : « Si la vertu est le chemin du bonheur, que peut être la vertu sinon amour souverain pour Dieu ? Quand donc on dit qu’elle est quadruple, je crois qu’on l’entend des divers états de cet amour. (…) La tempérance, c’est l’amour se donnant tout entier à l’objet aimé ; la force, c’est l’amour supportant tous les maux à cause de l’objet aimé; la justice, l’amour soumis au seul objet aimé, et par suite régnant sur tout le reste avec droiture ; enfin, la prudence, c’est l’amour faisant un choix judicieux de ce qui peut lui être utile à l’exclusion de ce qui peut lui être nuisible »[3].

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[1] De Coniur. Catit., cap. X, 5

[2] Discours du 17 pluviôse an II (5 Février 1794)

[3] Saint Augustin, Des mœurs de l’église catholique, livre 1, ch.15

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